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La mise en place du peuplement dans la partie occidentale du Bénin

Dans la région du Sud-Ouest du Bénin étaient localisées les principales zones de départ des courants migratoires ayant servi au peuplement du Bas-Bénin. Pour cette raison, le fond de la population est essentiellement constitué par les Adja. De même l'influence du processus de la mise en place du peuplement sur la culture du palmier à huile y revêt des aspects particuliers.

Ainsi, sur le plateau de Bopa, on rencontre les Houeda que les horreurs des guerres de conquête et les expéditions punitives des rois d'Abomey out conduits sur les rives du Lac Ahémé, notamment après la chute de Ouidah en 1741 ; ces populations forment une société de pêcheurs par tradition, Les émigrants Houéda qui ont cherché refuge sur les bords du Lac Ahémé avaient peut-être trouve sur place les Sahouè, autre population Adja occupant actuellement les terres du plateau de Bopa. Quoi qu'il en soit, on constate aujourd'hui que toutes les terres du plateau sont détenues et occupées par les Adja-Sahouè. Les Houéda ont donc été écartés de toute forme d'occupation foncière sur le plateau. Dans la région du Mono, la pêche est très développée et organisée sur des bases solides. L'exploitation des ressources halieutiques par la pêche maritime et sur les eaux continentales (Lac Ahémé, fleuve Mono) etc., constituent une source non négligeable de revenus aux populations de cette région.

Traditionnellement, la consommation de l'alcool de vin de palme est relativement importante au sein de ces populations de pêcheurs, ce qui, semble-t-il, est impose par les conditions difficiles dans lesquelles s'exerce le dur métier de la pêche. Aussi une demande accrue d'alcool par les pêcheurs aurait-elle conduit les Adja du plateau à se spécialiser dans la préparation d'une "marque" de "Sodabi" (alcool prépare par distillation du vin de palme) dont la réputation est bien connue dans tout le Bas-Bénin. 

C'est du moins là une des explications de l'origine des palmeraies vignobles rencontrées sur les rebords du plateau de Comé. Dans la partie septentrionale, plus exactement au nord de la ligne Devé-Dogbo-Tota, sur la terre de barre, on rencontre également des plantations a vocation vinicole. On explique l'origine de celles-ci par la pénurie d'eau. En effet, la fabrication de l'huile de palme par la méthode artisanale nécessite de grandes quantités d'eau ; celle-ci n'est nullement disponible dans cette partie du Bassin Sédimentaire ou la nappe phréatique est a une profondeur qui rend difficile le creusement de puits artisanaux et le puisage de l'eau par le système traditionnel. Dans ces conditions, les paysans Adja convertissent leur palmeraie sub-spontanée en plantations vinicoles essentiellement composées de jeunes arbres. Le Nord-Ouest de la Province du Mono, notamment Lonkly situé à la latitude d'Abomey, est une localité ou la très faible densité des peuplements naturels d'Elæis ne doit pas être attribuée au seul fait climatique. En effet, située à proximité du foyer de
départ des grandes migrations Adja, la région de Lonkly n'a plus été l'objet d'une colonisation intensive a une époque récente et n'a pas été le point de rencontre de groupes humains différents, comme ce fut souvent le cas, a l'intérieur de la région.

N’ayant abrite aucune chefferie importante, Lonkly n’a Jamais été, dans le passe, l’objet de convoitise de la monarchie d'Abomey. Outre les Adja, on rencontre d'autres groupes ethniques dans le Sud-Ouest du Bénin ; ce sont les Ouatchi, les Kotafon, les Tchi et les Hula.

i) Les Ouatchi

Les Ouatchi sont les descendants des émigrants venus du Nuadja au Togo ; ils vivent en petites communautés rurales sur le plateau de Comé.

ii) Les Kotafon et les Tchi. 

Alors qu'à l'est de la dépression centrale argilo-marneuse a été colonisée de longue date par les Holli, la Lama et le secteur Tchi à l'0uest sont demeurés vides pendant longtemps. Il y eut quelques tentatives de colonisation par les Fon. Cependant, ceux-ci confrontés aux conditions difficiles qu'impose le travail des terres lourdes de la dépression, ont regagné les terres du plateau Adja à l'ouest. Leur métissage avec les Adja a donne naissance a une population dénommée Kotafon, (ce qui signifie littéralement les Fon de la dépression argileuse), dont la langue est un mélange des langues Fon et Adja. 

iii) Les Hula

Ce sont les habitants du littoral rompus au métier de la mer, "très tôt mis en contact avec les Houéda, leurs communautés ont été vite désorganisées, notamment après la conquête du royaume des Houeda par les rois d'Abomey. Outre qu'elles ont été pratiquement soustraites de l'autorité et des influences de la monarchie aboméenne favorable à l'extension de la culture du palmier les populations Ouatchi, Kotafon et Hula occupent des secteurs dont les conditions écologiques sont peu propices a la croissance végétative de l'Elæis guineensis ; aussi dans leur aire d'occupation les palmeraies naturelles sont elles caractérisées par des peuplements très peu vigoureux. 

Au total, le processus de la mise en place des groupes humains dans le Sud du Bénin a marqué d'une forte empreinte l'élaboration des passages agraires ; cette empreinte est relativement importante sur la palmeraie dont la création et le développement sont largement influences par les conditions bio-géographiques. Les monarchies d'Abomey et de Porto-Novo ont également joue un rôle important dans ce domaine car, pendant plus de deux siècles et demi, elles ont dirige les guerres de conquête ayant entamé de vastes mouvements migratoires qui ont abouti à la mise en place des populations et à la carte ethnique du Bénin méridional.

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